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Salonica

written by - 2006/10/24 09:27
The best city

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arrivée à Caracas

written by - 2006/10/19 18:42
tagged with:  caracas venezuela 
Caracas, Mercredi 06 Septembre 2006

Première tempête

La pluie tombe en un flot ininterrompu. Les trombes d’eau paraissent tout écraser au sol, même la lumière. Les montagnes ont disparu, nous laissant un paysage gris angoissant. Toutes les couleurs de la ville, ses sons, ses cris, sa musique, toute son agitation, tout a disparu. Les passants se replient sous l’abri le plus proche, les maisons se ferment, tout se recroqueville sur lui-même.
Dans les embouteillages, seule la carrosserie luisante des voitures qui s’empressent autour du bus reste la même.

Première tempête

Mes rêves sont déjà bien loin. Toutes les images que j’avais de Caracas, tous les espoirs que j’y avais placés, tout s’est envolé.
Je suis complètement écrasé par le poids de cette ville complètement congestionnée, pesante, agressive. Tout y est gris ; béton, béton, béton. Les voitures sont maîtres de lieux et remplissent toute la ville sur les rues, routes, autoroutes qui ont priorité sur tout. Depuis leurs gros 4x4, les conducteurs se fichent autant des feux rouges que des piétons. L’air est plus pollué que sur le périphérique parisien, et le bruit est omniprésent : crissements, vrombissements, klaxons à répétition…
Mais surtout, ce qui est dur, c’est la ségrégation omniprésente : la ville est coupée en deux, séparée par des barrières qui sont parfois physiques (clôtures, murs, autoroute, rivière), parfois psychologiques. Il y a comme deux planètes qui ne se connaissent pas et se craignent réciproquement. D’un côté, les pauvres, de l’autre, les riches.
Dans les quartiers aisés de Caracas, tout est assez bien organisé, quadrillé, nettoyé. Les tours de bureaux s’élèvent avec toute leur arrogance non loin de résidences très chic. On ne s’y déplace quasiment qu’en voiture ou en taxi. Surtout après 19h, la nuit tombée : pas question de sortir à pied, trop dangereux !
De jour en jour, de rencontre en rencontre, on m’explique sans fin que je ne dois jamais sortir seul, jamais marcher de nuit même accompagné, ne prendre que des taxis réservés par téléphone, et ne pas m’aventurer en dehors des « quartiers sûrs ».
Dans les beaux appartements, il y a un placard qui contient du sucre, de l’huile et de la farine pour le jour où les pauvres, n’en pouvant plus, assiègeront l’Est de la ville.
Tout le monde est habillé comme en Europe – jean bleu, tee-shirt ou chemise, baskets ou chemise… En fait, la ville se construit sur le modèle des Etats-Unis. Malgré l’anti-impérialisme très populaire, l’influence américaine est très présente sur le mode de vie : anglicismes innombrables, médias, vêtements, sports, musique, voitures… L’apparence compte plus que tout, au point que beaucoup de personnes sont d’un superficiel consternant. Nombre de personnes mettent l’équivalent de deux mois de salaires dans leur téléphone portable, et conduisent une voiture reluisante alors qu’ils vivent dans un appartement inconfortable.
Mais le plus dur, c’est cette peur omniprésente. Peur des bandes, peur des « mauvais », peur des pauvres… Et pas seulement auprès des plus riches, mais de toute la classe moyenne.

De l’autre côté, il y a les bidonvilles, qui constituent plus de la moitié de la population vénézuelienne (concernant Caracas seulement, ce taux doit être plus élevé).
Bidonville est une expression approximative pour parler de ce qu’on appelle ici les « barrios de ranchos » - les quartiers de maisons précaires, on pourrait dire. Il s’agit de zones qui ont été envahies par les familles issues de l’exode rural massif. On parle d’invasion car l’arrivée de ces personnes n’a jamais été organisée. En France, à la fin du XIX° siècle et au début du XX°, alors que l’émigration depuis les campagnes s’initiait, vers les usines, là où il y avait du travail, des sociétés philanthropiques, puis l’Etat, ont lancé la construction d’habitat bon marché, appelé plus tard HLM puis logement social. Cette réaction a été assez tardive, laissant longtemps les « immigrés » dans des situations de logement très précaires, des bidonvilles comme il en existe encore aujourd’hui à Paris (assez peu nombreux, certes, mais allez vous promener à Bobigny ou dans les « campings » de l’est !). C’est d’abord les entreprises elles-mêmes qui ont construit des logements pour leurs ouvriers : cela leur permettait de garder le contrôle dessus et de les faire travailler plus, tout en faisant preuve de philanthropisme. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que l’Etat a vraiment pris en charge son rôle : loger sa population.
Au Vénézuela, cette intervention n’a existé que de manière très ponctuelle. Les premières arrivées massives datent du début du siècle. Les arrivants s’installent à la mesure de leurs moyens, sur un terrain que les occupants leur affectent : d’abord quelques bouts de cartons, une tôle, des matériaux récupérés. Puis quelques briques, de petites poutres et des murs, un toît s’installent ; un tuyau d’eau, un fil électrique, arrivent d’on ne sait où, piqués sur le quartier d’à côté.
La première caractéristique de ces quartiers, c’est leur anarchie totale. Chacun s’est installé à côté d’un autre, jusqu’à ce que l’espace soit plein. Dans une ville, des rues sont tracés à la suite d’une réflexion urbaine, les réseaux sont installés et des parcelles définies où les gens peuvent construire.
Là c’est l’inverse : on s’installe et plus tard, les passages s’installent d’eux même – principalement piétons : il s’agit de chemins ou d’escaliers qui arpentent la montagne sur des kilomètres, entre les maisons. Il n’y a pas un mètre carré à plat, les quartiers épousent la montagne. Le plat, c’est la vallée en bas, là où la ville est organisée en rues perpendiculaires.
Avec l’âge du quartier, son infrastructure évolue, au rythme des travaux menés par les habitants : quand le tuyau d’eau devient vraiment trop petit pour le nombre de maisons, on en met un autre à coté. Le collectage des eaux usées est très insuffisant et part directement dans le cours d’eau, en bas. Mais dans ces quartiers il y a quelque chose encore pire que l’entassement, que le manque d’hygiène, que le chemin qui devient boueux à la première averse, que le manque d’argent pour acheter à manger : il y a les bandes.
Les bandes, ce sont des groupes de mauvais garçons qui contrôlent un territoire. Ils n’hésitent pas à prélever des péages sur les chemins, sont mêlés aux traffics. Il n’y a pas une journée sans que des bandes s’affrontent à coup d’armes à feu – il vaut mieux ne pas être sur leur chemin. Il y a les camés aussi, qui ont besoin d’argent.
Et moi, le blanc bec, le gringo, je fais tâche.


Eclaircie

Sans la pluie qui tombe à flots, de temps à autre, Caracas ne serait pas une jungle urbaine dans la jungle de sa végétation.
Tout autour de la ville s’élèvent les montagnes de la fin de la Cordillère des Andes, couverts d’une végétation luxuriante. On voit rarement leurs sommets, pris dans les nuages. La ville s’étend tout en longueur dans la vallée, coincée au sud et au nord. Le mont Avila est le point culminant du Parc National qui borde directement la ville.
Partout les plantes émergent des balcons, de derrière les murs, des toîts. Les palmiers s’élancent de tous côtés, les bambous font tunnel au dessus de l’autoroute, les ficus sont grands comme des chênes, toutes sortes de plantes tropicales émergent de chaque coin de terre laissé libre. Tout ce vert intense donne une énorme bouffée d’oxygène au gris de la ville. On sent que tout pousse, ici. Les feuilles arborent des nuances de vert qui vont du blanc au noir. Il fait chaud et humide, le climat est parfait. Au milieu de la nuit, il faut se couvrir un peu, c’est la saison fraîche. Quand il pleut, aussi, il arrive que la température descende un peu en dessous de 20°. Au plus chaud de la journée, au soleil, ça chauffe – autour de 30°.
La maison de mon hôte, Diana, exprime parfaitement cet équilibre : passé la porte d’entrée, donnant sur la rue, on arrive dans un patio qui fait office de salon. On peut s’y asseoir pour regarder les étoiles qui brillent bien plus fort ici qu’en Europe, entre quelques plantes luxuriantes et le chant des grenouilles (voir l’enregistrement de Carlito, plus bas). Autour, s’articulent les chambres des personnes qui vivent ici… elles n’ont pas de fenêtres ! Une simple persienne permet de partir tranquille. De l’autre côté, un autre patio accueille la cuisine. Pas de toit dans la cuisine, non ! Ca, pour moi, c’est le top…
Je suis ici dans un quartier chic assez éloigné de Caracas – c’est l’inconvénient : une heure trente d’embouteillages matin et soir… Mais le village est vraiment très agréable : les maisons colorées s’étalent sur la montagne, formant une mosaïque aux tons chauds sur fond vert intense.
Le soir les gens traînent dans les rues, vont sur la place Simon Bolivar (quasiment toutes les places s’appellent ainsi) ; ils sont assez ouverts, facile d’entamer la discussion avec quelqu’un.

Eclaircie

Je ne me sens pas vraiment bien, ici, mais bon, c’est le début non ? Toutes les difficultés s’accumulent : difficile de trouver un logement, formalités administratives ennuyeuses, pas encore d’amis, pas de personnes sur qui se reposer… pas de repères. Un monde agressif que je veux connaître, mais paraît ne pas vouloir de moi.
A la Faculté d’Architecture où j’ai commencé les cours le jour même de mon arrivée, cela a été la première surprise : nous ne sommes que 6 personnes en « intercambio », donc rien n’est prévu pour nous. Apparemment, même au sein de toute l’université, il n’y a que très peu d’étrangers – l’université centrale du Vénézuela est un énorme campus au centre de Caracas, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, je vous en parlerai plus tard, j’ai beaucoup de choses à dire sur l’architecture ici !
Pour mes collègues d’archi, je ne peux pas résister : ici, il y a une marque de vêtements qui s’appelle « Le Corbusier » !

Le village d’El Hatillo est beau et agréable, mais il a des teintes de privilège. Je ne veux pas vivre dans un carcan protégé de la réalité. En découvrant ce monde qui renie ce qu’est vraiment le Vénézuela, j’ai eu envie de m’intéresser à l’autre extrême : les barrios. Dans ce sens, j’ai intégré au sein de l’école une unité de projet appelée E.P.A, pour Ecole Populaire d’Architecture. Seuls 6 élèves s’intéressent à ce vieux professeur un peu fou qui se réclame de l’architecture « en lien avec la réalité » et travaille, avec son équipe d’étudiant, dans les barrios. Après une simple conversation avec lui, je savais que c’était là qu’il me fallait aller : s’intéresser à une architecture en application directe avec le mode de vie des gens. J’ai passé le dimanche avec lui, il m’a donné un premier aperçu du barrio avec lequel nous travaillons. Nous sommes arrivés en plein show de campagne électorale. A chaque coin de rue, une surprise : des portes ouvertes, des gens dans la rue, de la musique… de la vie ! Par contre, pas question de monter dans le quartier sans être accompagnés de gens du coin, il nous faut rester dans la partie basse, plus ouverte sur la ville, plus sûre.

Depuis, j’hésite beaucoup. Pourquoi pas essayer de vivre dans le barrio ? La vie y a l’air beaucoup plus énergique que dans les quartiers riches. Musique, convivialité… Ce serait renoncer à pas mal de confort, et laisser toute technologie derrière moi, mais cela pourrait en valoir la peine. Le premier problème, c’est la sécurité ! Comment faire, moi qui suis tout blanc et qui ressemble à un dollar ambulant ?
Et puis, d’un autre côté, tous les habitants du quartier, s’ils avaient une condition meilleure, partiraient d’ici. La plupart des familles (5 personnes au moins) vivent sur un seul salaire, celui de l’homme qui gagne difficilement 350.000 bolivars, soit 110€. En terme de pouvoir d’achat, cela représente autour de 350€ en France. Comment moi, avec toute ma richesse, puis-je m’installer ici ?

Au milieu, entre le monde des riches et le monde des pauvres, il y a un Caracas grouillant, hallucinant, plein de marchands ambulants, de marchés partout, de musique à fond, de rues glauques, d’immeubles immenses, de gens qui dorment dans les poubelles aussi… la ville qui vit. J’ai commencé à explorer ce labyrinthe. Il paraît très laid, car tout y est moche. Mais on peut y voir autre chose, dans cette multitude, dans cette effervescence…

Tout est fou.
Je suis dans un petit passage à vide, mais c’est normal. Dans tout voyage, j’ai toujours ce moment là ; ce moment où rien n’est sûr, où il n’y a pas beaucoup de plaisir, où le temps paraît long. Mais à chaque fois, cela se transforme vite !



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Blogs w/ maps

written by Dave - 2006/10/12 10:48
tagged with:  test 

You can now add a google map to your blog entry :D

Hope this works...

Feedback is appreciated :)

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test

written by - 2006/09/25 13:17
test

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Bike accident....

written by marco - 2006/09/10 17:37

I had an accident in Zurich, fortunately wearing a helmet. A car drove into me as I was cycling to work. Now my bike's new shape allows me to drive in the five dimensional space :-;

Fortunately nothing severe happened, so after a few days delay I am back to work on mytravelbook.

cheers

Marco

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